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gouvernement nepal 2008

Histoire récente du

Népal

du 1 FEVRIER 2005 AU 10 AVRIL 2008


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1 février 2005 : Le Roi Gyanendra a déclaré l’état d’urgence après avoir dissout le Parlement et décidé d’assumer le pouvoir. Le Roi accuse le Premier Ministre Sher Bahadur Deuba d’avoir échoué dans les négociations avec les maoïstes. La date du 13 janvier avait été donnée comme limite pour engager des pourparlers de paix avec les rebelles. Des élections devaient avoir lieu en mars 2005. La tâche du Premier Ministre était vouée à l’échec. Les dissensions au sein du Parlement furent un frein énorme et il semble bien que les maoïstes n’avaient aucune intention de négocier avec lui.

Le Roi déclare que les droits de l’Homme seront respectés, promet une démocratie « effective » et la paix pour trois ans.

A Kathmandu, les lignes téléphoniques et Internet ont été coupées. L’aéroport a été fermé.

Depuis plusieurs années, le conflit interne se développe et on estime que plus de12.000 personnes ont perdu la vie. Les maoïstes veulent une nouvelle constitution qui contiendrait l’option de la suppression de la monarchie.   

Lors de son couronnement, le Roi Gyanendra avait déclaré qu’il serait un roi actif jouant un rôle certain dans la vie népalaise.

5 Février 2005 : malgré la climat de crise, Sumit Bural, assistant manager Nepal Tourist Board, affirme devant les journalistes : « Il n’y a jamais eu de problême pour les voyageurs visitant les sites touristiques. Les vols internationaux ont repris et les hôtels sont ouverts »

6 Février 2005 : une réunion de cabinet dirigée par le Roi a adopté un programme socio-économique en 21 points :         - la création d’emploi – la chasse à la corruption – la croissance économique –

7 février 2005 : les communications téléphoniques internationales sont à nouveau possibles

8 février 2005 : le Roi propose aux Maoïstes de s’asseoir autour d’une table de négociations. Les Maoïstes qui ont condamné la prise de pouvoir du Roi n’ont pas encore donné suite à cette demande.

8 février 2005 : Internet devrait être restauré ce jour. Les communications par GSM sont toujours bloquées.

9 février 2005 : Les lignes téléphoniques locales et internationales sont rétablies ; Internet fonctionne à nouveau. Les communications par GSM sont toujours bloquées. Toujours pas de réponse des maoïstes à la proposition du Roi (entamer le dialogue de paix). Il faut se rappeler que les maoïstes avaient précédemment déclaré qu’ils n’accepteraient de négocier qu’avec le Roi en présence d’un médiateur international avec un agenda incluant des élections pour une nouvelle assemblée parlementaire qui devrait rédiger une nouvelle constitution. L’armée gouvernementale a repris ses attaques contre les positions maoïstes.

A suivre impérativement : les maoïstes ont déclaré qu’ils paralyseraient le pays le13 février si le Roi ne revenait pas sur sa décision de supprimer le gouvernement.

10 février 2005 : le gouvernement du Pakistan déclare soutenir le Népal même si la communauté internationale condamne la suspension des droits démocratiques par le Roi Gyanendra : « Le Pakistan et le Népal partagent les mêmes objectifs en combattant le terrorisme sous toutes ses formes. Le Pakistan continuera à assister le Népal dans les domaines économiques, sociaux et techniques. ». Par contre, les USA, la Grande-Bretagne, l’Union Européenne et l’Inde demandent un rétablissement de la démocratie. Le Pakistan et la Chine déclarent que ce sont les affaires internes du Népal. Le Pakistan désignerait une nouvelle date pour la conférence de l’Association pour la Coopération Régionale de l’Asie du Sud qui devait se tenir le 6 et 7 février à Dhaka. A Kathmandu, des étudiants se sont réunis dans la rue pour protester mais ont fuit à l’arrivée des militaires. Des hommes politiques de divers partis ont annoncé organiser une opposition aux décisions du Roi. Plusieurs chefs de partis issus du précédent gouvernement sont encore assignés à résidence.

13 février 2005 : deux semaines après la prise de pouvoir royal, de grandes discussions partagent le peuple sur la justification de cette action anti-démocratique : la démocratie multi-partis a-t-elle échoué dans son action de restauration de la paix ? Plusieurs leaders politiques ont admis cette défaillance mais «  elle ne justifie pas l’action du Roi ».

Une délégation d’Amnesty International dirigée par Irène Khan, Secrétaire Générale est arrivée à Kathmandu.

16 février 2005 : Les USA, la GB, et d’autres pays européens ont rappelé leurs ambassadeurs en signe de protestation. Les combats entre l’armée et les Maoïstes se poursuivent : 15 Maoïstes et 3 soldats ont été tués dans un affrontement ce 15 février. La Russie a exprimé son espoir que le Népal puisse résoudre ses problèmes internes et restaure ainsi la démocratie et l’ordre dans le pays. La Russie rappelle un long passé de relations de coopération entre les deux pays.

21 février 2005 : Le Roi a annoncé la formation d’une commission anti-corruption qui travaillera sous la direction de Bhakta Bahadur Koirala. Cette commission pourra prendre des mesures contre toutes personnes pratiquant ou ayant pratiqué la contrebande, le non-paiement des taxes et impôts, l’émission de fausses factures, et toutes formes de corruption.

A Kathmandu, les habitants font des réserves de nourriture craignant un blocage de la ville par les maoïstes. La circulation est faible dans le pays bloqué par les actions des rebelles. L’armée est présente le long des voies de communication pour défaire cet étau et rétablir les mouvements des citoyens.

Samedi, peu de véhicules circulaient sur les routes de la capitale et environs.

1 mars 2005 : depuis que les rebelles bloquaient les routes principales du pays, l’armée escortait les véhicules utilitaires qui apportaient nourriture et carburant dans la capitale. Les Maoïstes ont tué plusieurs conducteurs de camions qui circulaient malgré le mot d’ordre donnés par les rebelles. Les passagers d’un car, des cyclistes furent tués et blessés par des tirs d’armes à feu ou par l’explosion de bombes. Aujourd’hui, Prachendra, le leader de la guérilla maoïste, annonce qu’il suspend cette grève des transports pour soulager les gens du peuple. Il prévient qu’il appellera à une grève nationale sans fin si une solution politique n’était pas trouvée dans les prochaines semaines.

7 mars 2005 : Albelardo Morento, Député-Ministre des Affaires Etrangères de Cuba, a déclaré à la presse : « Le peuple népalais et le gouvernement dirigé par le Roi Gyanendra sont capables de régler leurs affaires internes par eux-mêmes. » Cuba et le Népal ont développé des relations cordiales depuis plusieurs années. Durant sa visite au Népal, M. Morento a remis une lettre du Ministre des Affaires Etrangères Cubain à M. Ramesh Nath Pandey, Ministre des Affaires Etrangères Népalais.

Les USA ont déclaré travailler de concert avec l’Inde pour une réflexion sur la situation au Népal. Donald Camp, député US, a déclaré que les USA n’avait pas suspendu l’aide militaire au Népal. Depuis le 1er février, la lutte interne s’est intensifiée au Népal. L’armée gouvernementale a lancé de multiples offensives sur les positions maoïstes ; on dénombre plusieurs dizaines de tués. L’Inde et le Népal ont conclu un accord d’échange d’informations sur les activités terroristes le long de leur frontière commune. De nouveaux postes frontières ont été crées pour exercer ce contrôle. Cinq leaders politiques népalais ont vu leur garde à vue à domicile prolongée pour deux mois.

8 mars 2005 : Kathmandu – un journaliste a été arrêté pour avoir critiqué la prise de pouvoir du Roi Gyanendra. Kanakmani Dixit, éditeur du magazine Himal Khabarpatrika, a été emmené par les services de sécurité du nouveau régime.

15 mars 2005 : un avis signé par le chef des rebelles Prachandra et expédié à plusieurs journaux déclare que les maoïstes lanceront un mot d’ordre de grève pour l’industrie et le transport du 15 mars au 1 avril et une paralysie totale du pays du 2 au 12 avril. Le chef des maoïstes invitent les partis politiques à se joindre à son combat contre le gouvernement actuel.

17 mars 2005 : L’Inde avait suspendu son aide militaire au Népal depuis le 1 février date de la prise de pouvoir par le Roi Gyanendra. Depuis que le Pakistan a offert de soutenir militairement le Népal, l’Inde a décidé de revoir sa position. Une réunion aura lieu au retour du ministre des affaires étrangères Natwar Singh actuellement en Afrique du Sud.

Le dernier week-end, la grève des transports voulue par les maoïstes n’a été observée que partiellement. 

23 mars 2005 : Kirtinidhi Bista, le vice-président du Royal Cabinet, a déclaré que l’état d’urgence serait levé dès que la situation le permettrait. Le ministre des affaires étrangères chinois sera en visite officielle au Népal le 31 avril prochain. La Chine fut le premier pays a déclarer que le conflit népalais était une affaire interne.

1 février 2006 : les élections municipales doivent avoir lieu le 8 février. Malgré une volonté de réduire son impact par un boycott de la part de la coalition des anciens partis politiques, le Roi a annoncé qu’elles auraient lieu à la date convenue, sans aucun report.

4 février 2006 : Les violences et les affrontements entre les maoïstes et les forces gouvernementales se multiplient à quelques jours des  élections. Les maoïstes ont appelés la nation à une grève générale de 7 jours. Le gouvernement a incité la population à ignorer cette grève mais chacun sait la crainte inspirée par les maoïstes. Les rue de Katmandu sont désertes. Le Roi Gyanendra a déclaré que les élections pour l'élection d'un nouveau Parlement auront lieu en avril 2007 : "Celles-ci restaureront la démocratie dans le pays" a-t-il déclaré.

8 février 2006 : les élections ont eu lieu... mais le taux de participation est très faible.                                          Kathmandu 14% - Pokhara 6% - Népal  20% Le Chef de la Commission Electorale Keskav Raj Rajbhandarj dit : "Les elections ont eu lieu dans un climat de paix  et la participation des électeurs est encourageante malgré les difficultés politiques actuelles."

L'Alliances des 7 partis déclare : "Le résultat de ces élections ne peut pas être légitimé "

13 février 2006 : Le mouvement Himsa Birodh Abhiyan (Campagne contre la violence) appelle les Maoïstes a déclarer un cessez-le-feu pour permettre de restaurer un climat de négociation dans la pays. La violence s'est à nouveau emparée du pays.

17 février 2006 : le gouvernement a interdit les grèves dans certains secteurs comme les téléphones, l'aviation civile, les transports.

Le roi et la reine ont quitté Kathmandu pour une visite de 3 semaines dans l'Ouest du Népal. Ils souhaitent percevoir l'état de la sécurité dans le pays.

18 février 2006 : le gouvernement népalais a demandé à l'Inde de reprendre son aide militaire suspendue depuis le 1 février 2005.

22 février 2006 : Le roi et la reine ont visité Sarangkot. Aucune annonce n'avait été faite par souci de sécurité.

Entre le 1 mars et le 1 juin, la situation s’est aggravée et après des semaines de manifestations hostiles au Roi dans les rues de Kathmandu, le Roi Gyanendra, forcé, donne l’autorisation de reformer le parlement et dissout le Cabinet Royal. Les partis politiques présents dans le précédent parlement se mettent autour d’une table de négociation pour tenter de retrouver le chemin de la démocratie.

30 juillet 2006 :A la demande du premier ministre Girija Prasad Koirala du gouvernement provisoire, une délégation des Nations Unies s’est rendue au Népal.

Sa première conclusion après avoir rencontré G.P. Koirala et M. Prachanda, leader du camp maoïstes, est que les exigences et les souhaits de chacune des deux parties doit être énoncées très clairement sur un document écrit qui pourra alors faire l’objet d’un examen des N.U.

G.P. Koirala a déclaré qu’il n’y avait pas de possibilité d’inclure les représentants maoïstes dans les discussions sur l’avenir du pays tant que la totalité des rebelles n’avaient pas déposé les armes force armée estimée à 36.000 combattants).

M. Prachanda demande la dissolution de l’armée népalaise (90.000 hommes) et la formation d’une nouvelle armée incluant les deux forces en présence.

Le précédent cessez-le-feu qui s’arrêtait le 1er août à été prolongé de 3 mois.

Des élections auront lieu dans les 12 mois.

Depuis cette date : les élections n »ont pas eu lieu en avril 2007. Elles ont été reportées le 22 novembre 2007. Mais en septembre 2007, les Maoïstes tentent de les faire reporter à nouveau. Il semble que les troubles fréquents dans le Teraï ne donnent pas une bonne image aux différentes tendances Maoïstes et ceux-ci craignent que la population ne les pénalise lors des élections.

Les Maoïstes veulent établir une république. Le Roi n’a plus aucun pouvoir et ne participe pas à l’établissement des nouvelles structures parlementaires qui devront revoir la Constitution.

Le confinement des armes des combattants Maoïstes a eu lieu mais cela ressemble à une farce : très peu d’armes ont été rentrées ; les Maoïstes prétendent qu’ils étaient mal armés…

Septembre 2007 : la mousson laisse des traces tragiques dans la pays. Glissements de terrain, inondations, effondrements de maisons et une dizaine de victimes dans notre district.

La situation en novembre 2007 :

Au Népal, il est difficile de prendre une décision rapide. Les népalais ont besoin de longues palabres avant de prendre la moindre décision. Le nombre de participants aux discussions est considérable et chacun veut énoncer ses idées même si elles sont identiques aux opinions déjà actées. Il s’en suit des discours longs et répétitifs qui donnent des longueurs sans pareilles à la moindre réunion. Il faut ajouter à cette considération que les hommes politiques népalais (exceptés les anciens)  ont toujours vécus sous un régime où l’expression des idées personnelles n’était pas aisé et ou la formation des opinions restaient dans un cadre précis dictés par une autorité royale stricte. Dans cet ordre d’idée, les programmes politiques ont souvent été tronqués et les dirigeants n’ont pu exprimer pleinement leurs aspirations et les idéologies de leurs partis. Le peuple, écarté de la vie politique et de la connaissance des programmes des partis, a toujours été manœuvré par des forces diverses qu’il n’a pas souvent compris mais qui l’entrainaient au cœur de manifestations «  pour une vie meilleure ».  Une autre existence : c’est bien entendu le lei motif  des gens pauvres qui aspirent à une autre forme de vie. C’est la meilleure bannière pour entrainer les népalais dans une lutte contre…l’ennemi qui les empêchent d’acquérir ce nouveau mode de vie. Alors se sont succédé les forces en présence pour convaincre ce peuple. Du roi au Maoïstes en passant par les forces démocratiques et communistes (CPN-UML) tous ont utilisé le slogan « une vie meilleure avec nous » et tous ont été suivi au gré des influences du moment.

Un constat : les élections avaient été prévues en avril 2007 et ont été supprimées par le Parti du Congres.  Sa cote de popularité était alors basse étant donné que les Maoïstes venaient de se faire reconnaître et parcouraient la pays en libérateurs et vainqueurs, clamant que le pays allait vivre pour le peuple et plus pour ses dirigeants. Le roi vivait alors ses derniers jours de règne. Dans les villages, libérés de cette peur extrême qui avaient fait craindre à ses habitants la mort, l’enlèvement et la torture perpétrés par les Maoïstes, des affiches apparaissaient montrant le chef des rebelles (Prachendra) avec des slogans justificatifs de 10 ans de terreur.

On oubliait alors ces années passées dans la peur avec ses grèves sauvages qui détruisaient le commerce local par des fermetures incessantes. 

L’arrivée des leaders à Kathmandu fut également saluée dans les rues de la capitale avec beaucoup de chaleur. Le charisme du chef des rebelles était au plus haut. Il avait en un éclair transformé dix ans de répression … du pouvoir certes, mais surtout du peuple (12.000 morts) en une victoire magistrale.


Les négociations ont alors commencé et ce ne fut guère aisé pour les hommes politiques en place (Alliance des 7 partis qui avaient négocié un accord de cessez-le-feu avec les rebelles) qui devaient composer avec un nouveau partenaire fort du soutien du peuple. De plus, ce nouveau pouvoir bousculait le dialogue par des exigences immédiates et radicales (la rupture avec la royauté, la fusion des armées gouvernementales et rebelles, leur représentation au sein du gouvernement…)

Le premier ministre Koirala( Nepali Congress), un ancien combattant pour la démocratie et participant à plusieurs gouvernements, a compris que des élections dans cette ambiance particulière, propulseraient les rebelles aux commandes du pays.

Ce report fut porté au 22 novembre 2007.

Entretemps, la situation a évolué et les médias ont déclenché une campagne d’informations qui se voulait discrète mais qui allait peu à peu saper la réputation des Maoïstes et faire découvrir leurs agissements passés et présents. Des journalistes ont payés de leur vie cette campagne d’information.

Octobre 2007 : Birendra Shah, âgé de 34 ans, était le correspondant de la radio privée NepalFM, du Dristri Weekly et de la télévision Avenues TV. Selon la Fédération népalaise des journalistes (FNJ), il a été enlevé le 5 octobre, alors qu’il se trouvait chez lui dans le district de Bara, et il a été tué le même jour. Ce crime n’a été connu que le 5 novembre, quand le Parti maoïste du Népal a reconnu les faits.
Selon des organisations népalaises et internationales de médias, les journalistes indépendants et les entreprises de presse sont de plus en plus la cible d’intimidations de la part du Parti maoïste du Népal.

Dans le Téraï, les violents affrontements entre des militants pour la défense du peuple madhesi (Madhesi People’s Rights Forum), d’autres militants du Janatantrik Terai Mukti Morcha (JTMM) et des  maoïstes ont fait des dizaines de morts. À la suite d’une assemblée de son Comité central, le Madhesi People’s Rights’ Forum (MPRF) a transmis un ultimatum au gouvernement népalais menaçant de recourir à l’agitation sociale au Teraï si ce dernier ne donnait pas suite à ses revendications. Celles-ci portent notamment sur l’instauration d’un système électoral à représentation proportionnelle et la formation d’une province autonome regroupant la population madhesi et comportant le droit à l’autodétermination.

Le gouvernement provisoire a calmé les belligérants en promettant d’inclure leurs revendications dans les discussions prochaines de l’assemblée. Cette communauté est très importante au Népal et représente un quart de la population du pays.

La campagne d’informations de la presse, les combats incessants et meurtriers dans le Sud, la poursuite des exactions commises par les maoïstes dans les villages ont modifié la vision du peuple sur le futur du Népal.

Cette fois, ce sont les dirigeants Maoïstes qui ont exigé le report des élections.  Les sondages leurs sont défavorables et le peuple en a assez. Il veut une paix durable et rejette toute forme de violence. Beaucoup se rangent derrière des partis traditionnels plus tempérés.

Les Maoïstes exigent alors l’instauration d’une république et l’officialisation d’un scrutin « à la proportionnel » avant de fixer une nouvelle date pour les élections. En vérité, ces exigences sont anticonstitutionnelles et ne pourraient être mise en place par le gouvernement provisoire.

Mais l’impasse n’a d’autre issue… Prachendra,  le leader des Maoïstes annonce des manifestations importantes si la résolution n’est pas adoptée.

Il déclare : « La république que nous voulons n’est pas celle instaurée en Inde, en Chine, aux USA ou en Russie. Nous voulons une république où tous les partis sont partie prenante des décisions majeures, au sein d’une unité et non une rivalité majorité-opposition ».

Jimmy Carter a visité le Népal en novembre 2007. Il a demandé des élection avant le nouvel an népalais (avril 2008) tout en visitant le chef de l’armée (les craintes d’un push militaire ont souvent été évoquées) et le PM Koirala.

L’EU pousse le Népal a signer la déclaration de Rome sur les génocides et les crimes contre l’humanité.

29 novembre 2007.

L’Alliance des 7 partis devait se réunir pour prendre les décisions finales sur la situation comprenant les exigences des Maoïstes pour le tenue des élections. Cette réunion était attendue  par tous les intervenants au pouvoir.

Fixée à 9 AM à KTM, elle a débuté à 11PM ( plus de la moitié des invités sont arrivés avec 2 heures de retard. Elle a été arrêtée après 30 min de débat par le PM Koirala qui renvoie les participants pour qu’ils étudient le dossier que visiblement ils ne maîtrisaient pas suffisamment.

Excédé, Madhav Kumar Nepal, leader de l’UML (Unified Marxist-leninist) déclare : « donnez-nous la direction du pays et nous feront un Népal prospère en 5 ans ». Il s’offusque devant l’attitude du Nepali Congress et des Maoïstes qui se perdent dans des considérations politiques sans issue. Il rejette les exigences des Maoïstes sur la proclamation d’une république et sur la forme des élections favorisant la tenue de celles-ci au plus vite.

Il se dit différent des Maoïstes par sa perception idéologique du Marxisme.


Une anecdote : les USA ont conservé le mouvement maoïste népalais sur leur identification des terroristes dans le monde. Ce 15 novembre 2007, deux représentants maoïstes ont reçu des visas pour se rendre aux USA. Une de ces deux personnes est Janardan Sharma, le chef de la PLA (People Liberation Army).

Point de vue médical : c’est bien sûr une catastrophe nationale. Il y a peu d’hôpitaux et l’accès aux soins et extrêmement coûteux. Il y a deux sortes d’hôpitaux : publics et privés. Les soins dans les hôpitaux publics ne sont pas de bonne qualité et surtout il y a peu de place pour les malades qui doivent attendre longtemps pour recevoir les soins. Les hôpitaux privés ont une meilleure réputation mais les honoraires des médecins et les coûts des soins dépassent les capacités de paiement des népalais.  Début novembre de cette année, nous sommes allés à plusieurs reprises dans plusieurs hôpitaux car nous préparons un projet de dispensaire. Nous avons eu l’occasion de parler à des médecins, des infirmiers (ères) et des aides soignants. Ce qui choque le plus dans ces hôpitaux c’est le manque de propreté partout. Les chambres des malades ne sont pas bien entretenues et  le matériel (lit, potence, meubles) souvent en métal et rouillés. Il faut dire que le népalais n’est pas propre de nature et que cette situation ne l’embarrasse pas. Nous avons visité un hôpital privé à Pokhara où plus de 30 patients se pressaient dans une petite salle d’attente. Toutes les chambres étaient occupées et un va et vient de dizaines de visiteurs circulaient sans ordre dans les couloirs et les chambres. Pas de repas organisé, si bien que chacun organisait sa cuisine… Ce qui étonne c’est la saleté. Le coût d’une nuit sans les soins est très élevé et seules les familles nanties sont capable de payer ces honoraires.  Mais sur le papier les hôpitaux existent. En ce qui concernent les centres locaux de soins, ils existent mais ne peuvent fonctionner correctement faute de personnel et de médicaments. La réalité sur le terrain est que peu de personnes fréquentent les hôpitaux en cas de maladie. Car après consultation, ils ne peuvent supporter le coût du traitement, de l’opération et des soins post hospitalisation. 

A comparer : 25 millions d’habitants et le tableau ci-dessous !

Health Facilities                                   

Facility

Total

Under Ministry of Health

1. Specialized/Central Hospitals

5

2. Regional Hospital 

1

3. Sub Regional Hospitals

1

4. Zonal Hospitals 

9

5. District Hospitals 

67

6. District Health Office

75

7. Primary Health Care Center (PHC-C)

180

8. Health Post (HP)

711

9. Sub Health Post (SHP)

3,179

10. PHC Outreach Clinics

15,548

De plus, les postes

8. Health Post (HP)

9. Sub Health Post (SHP)

10. PHC Outreach Clinics


Sont souvent inefficaces faute de personnel et de médicaments.

La définition et le rôle des Health Post sont prometteurs :

Inadequate opportunities for health services for households and limited community involvement (particularly involvement of women) in education, motivation, and promotion of services are the major bottlenecks to significantly increasing the efficacy of the PHC system. Considering these constraints, Primary Health Care (PHC) Outreach clinics were established.

PHC outreach clinics are the extension of HPs and SHPs at the community level. HPs and SHPs send their VHWs and MCHWs to a pre-arranged place (three to five catchment areas per VDC) at a predetermined time once per month to provide PHC services close to communities.

OBJECTIVE

To improve the accessibility and coverage of primary health care through developing a network of three to five outreach clinics per VDC per month.

STRATEGIES

Hold PHC outreach clinics in catchment areas by:

Mais la réalité est toute autre.

L’éducation est également victime de ces statistiques qui montrent un Népal structuré, alors que sur le terrain, seules les écoles des villes reçoivent l’attention des autorités.

En conclusion, les statistiques sont OK mais le rôles des outils médicaux, sociaux et éducationnels ne sont pas fonctionnels et ne remplissent pas leurs attentes sur le terrain.

15 décembre 2007 : Après un deficit permanent en produits pétroliers, le Népal doit faire fave à un manqué de billets de banque.

La Nepal Rastra Bank (la Banque nationale) a averti le gouvernement  du manque évident de billets en banque. La raison ? Le gouverneur de la NRB est suspendu, accusé de « fautes financières ». Il faut la signature du gouverneur sur les billets…Une proposition a été faite pour remplacer cette signature par le gouverneur faisant-fonction. Les marques (la couronne royal, la tête du roi…) sont également.des sources de conflit pour l’émission de nouveaux billets.

Electricité : Sur une période de 24 heures, l’électricité n’est disponible que 16 heures. Les népalais sont forcés de vivre avec ce déficit permanent. La tristesse vient du fait que ce pays a un potentiel énorme d’énergie hydroélectrique. N’oublions pas que plus de 35% de la population n’a pas accès à l’électricité.


11 janvier 2008 : le gouvernement fixe la date des élections au 10 avril 2008.

Les élections auront lieu à Chaitra 28 du calendrier népalais (voir ci-dessous) en une seule phase.  Ainsi elles auront lieu avant la fin de l’année népalaise (le 11 avril)

Calendrier du Népal :

56 ans, 8 mois et 18 jours séparent notre calendrier grégorien de celui instauré il y a des siècles par le roi Bikama Ditwa.

Le roi Bikama Ditwa était un empereur qui régnait sur un continent. A cette époque, le Népal n’existait pas et ce personnage contrôlait l’Inde et l’ensemble de l’Asie.

Le personnage érudit analyse le système solaire et en arrive à démontrer que l’année se décompose en 365 jours, 6 heures et 50 minutes, ce qui explique que les Népalais se retrouvent déjà en 2061. Mieux vaut lire avec attention le calendrier pour ne pas risquer de manquer un rendez-vous.

Le mois lunaire sera de 29,5 jours.

Le Népal se caractérise par une culture particulièrement riche et il est sans doute difficile d’imaginer que pas moins de sept périodes de Nouvel An différentes marquent l’année.

Les Népalais célèbrent en effet le Nouvel An de la dynastie Sambat, Bikram Sambat. Ils suivent aussi le calendrier grégorien, mais aussi le “Tola Lhosar” de Tamu Sambat, le “Sonam Lhosar” de Tamang Era, le “Gyalbo Lhosar” des sherpas (ou de l’ère tibétaine), le “Nhoo Daya” de Népal Sambat et “Lawa Sal” de l’ère Tharu.

Il y en a encore bien d’autres mais cela semble déjà suffisamment complexe pour ne pas entrer dans le détail.

Un des plus importants, avec le calendrier grégorien est le Nouvel An de Bikram Sambat qui fut célébré le 13 avril 2004.

“Mandeva Sambat sera remplacé après 304 ans de fonctionnement par Nepal Sambat pour être une nouvelle fois remplacé par Bikram Sambat. Népal Sambat n’avait en effet que 354 jours dans l’année et tous les trois ans, l’année se décomposait en 13 mois. Les employés du gouvernement en profitaient donc pour être payés sur 13 mois, ce qui ne pouvait durer”, explique le bibliothécaire du Ministère de l’Education. En 1903 avant JC, (il y a plus de 150 ans par rapport à notre année 2061), Népal Sambat a été remplacé par Bikram Sambat, un Nouvel An qui a toujours une importance essentielle en terme religieux et culturel : La population des collines et du Teraï prie en effet Satya Narayan, les Newars à Bakhtapur célèbrent Bisketjatra et un char imposant est tiré dans les rues, de l’avant et de l’arrière pour expliquer l’opposition des dieux qui s’affrontent.... Les Népalais croient parmi tous les dieux hindous au dieu lunaire. C’est ainsi que les mariages ne peuvent être célébrés n’importe quand. Le Brahmane, du nom de cette caste qui préside aux célébrations dans la religion hindoue, étudie le calendrier : parfois, il y aura 6 jours autorisés, d’autres quatre et certains mois, il ne sera pas possible de procéder à un mariage.

“Le système est fiable à 100 %”, assure Sudaya Paudel, le responsable de la bibliothèque du ministère de l’Education qui est installée dans un ancien palais de Katmandou. Il suffit pour cela de suivre la lune.

20 janvier 2008 : Le président Pachendra (Maoïste) a déclaré avoir adressé un programme d’entrainement destiné aux hommes  des forces maoïstes en vue de leur intégration au sein de l’armée nationale. Les combattants maoïstes retenus pour cette intégration sont au nombre de 19.602.


30 janvier 2008 : l’attaque à la bombe au cours d’une assemblée des 7-partis politiques à été condamnée par l’Union Européenne par la voix de l’ambassadeur de France, représentant local de l’Europe au Népal.

L. Martin (chef de la mission UN au Népal) a également condamné cette attaque à la bombe pouvant entraver les préparations aux élections.


29 février 2008 : le leader Maoïste Pachandra a déclaré que son parti veut « capturer » le pouvoir d’une manière légale au travers des élections.

Dans les coulisses, on affirme que Pachendra sera le premier président de la République du Népal.


2 mars 2008 : Trois groupes armés prêts à engager le dialogue avec le gouvernement.

Le lendemain de la signature d’un acte de paix avec le FRNF (Federal republican National Front), trois groupes armés opérant dans le Téraï ont déclaré être prêts à s’asseoir à la table des négociations.

Il s’agit de :             UJTMM (Samyukta Jantantrik Terai Morcha

                                MMT (Madhesi Mukti Tigers

                                RMTCN (Rajan Mukti and Teraï Cobra’s Nagaraj

Activités : meurtres, enlèvements, extortions

Ces décisions sont tombées après que le Ministre de l’intérieur Krishna Prasad Sitauta eut déclaré que ceux qui mettrait en doute la souveraineté du gouvernement après les élections ne seront pas épargbnés.


5 mars 2008 : Parlant  lors de l’inauguration d’une radio privée à Pokhara, le leader Maoïste Prachendra a déclaré que les élections mettront fin à la révolution politique pour laisser place  la révolution économique.                                                  

Le premier pas sera une coordination majeure entre le politique et l’économique. Prachendra déclare posséder un plan socio-économique de 40 ans pour relever le pays.

6 mars 2008 : de nombreuses organisations de toutes tendances politiques ont condamné le meurtre de Kamal Prasad Adhikari, le candidat du NPFN (Front National du Peuple Népalais) aux élections du 10 avril.

L'ambassadeur Indien a déclaré que les forces de sécurité Indiennes serainr désormais en alerte permanente le long de le frontière Inde-Népal.

10 mars 2008 : deux cadres Maoïstes tués à Rolpa. Aucune revendications qui pourrait confirmer qu'il s'agit des mêmes agresseurs.

12 mars 2008 : les manifestations Thibétaines ont été interdites à Katmandu. Selon les représentants de la protection des droits de l'homme, ces manifestations ont été durement réprimées.

16 mars 2008 : des groupes armés du Teraï annoncent leur volonté de perturber les élections et de s'en prendre physiquement aux candidats et à toutes personnes travaillant dans le cadre de la préparation des élections. Ils annoncent des grèves totales sous la menace. Ils exigent une représentations dans le futur gouvernement.

17 mars 2008 : CPN-Maoïste Président Prachandra déclare que les royalistes Népalais aidés de "forces étrangères" conspirent pour provoquer défaite des Maoïstes lors des élections. Il n'indique pas clairement qui sont les "forces étrangères" bien qu'il critiqua violemment à plusieurs reprises les USA de conserver les Maoïstes sur leur liste de terroristes dans le monde.

17 mars 2008 : la Commission Européenne  a,nnonce qu'elle enverra 11 observateurs pour les prochaines élections.

18 mars 2008 : le dirigeant des Maoïstes, Prachandra déclare une fois de plus qu'il est déjà le président du peuple népalais "dans leur coeur".

18 mars 2008 : le Premier ministre Gitija Prasad Koirala a déclaré qu'il avait l'intention de se retirer de la vie politique après les élections laissant la place à la nouvelle génération au sein du parti Nepali Congress. Il se dit confiant dans la victoire de son parti.

19 mars 2008 : le Secrétaire Genral du UML (Union Marxiste Leniniste) réagit devant les affirmations de Prachandra d'être "déjà" le Président de la République prochaine. Il déclare : " Les Maoïstes doivent comprendre que les élections sont avant tout destinées à permettre la rédaction d'une nouvelle constitution et non d'élire un président. UML deviendra le premier parti après les élections."


20 mars 2008 : la Chine confirme qu'elle pretera la somme de 187 millions de dollars pour la construction de 2 usines de production d'énergie hydroélectrique. L'étude de la faisabilité des projets a dmarré en février 2008.

2 avril 2008 :Madhav Prasad Gautam, un candidat du Parti communiste Népalais (Unifié) est porté disparu depuis 3 jours alors qu'il se rendait à une réunion du parti. Sa famille a averti Lorganisation de défense des droits de l'homme Népal.

2 avril 2008 : de nombreux incidents sont signalés dans le pays où des groupes de Maoïstes perturberaient les campagne électorales des partis adverses. Rabindra Shahi and Keshav Bista du  Bhagwati village development committee ont été enlevés lors d'une campagne d'information relative aux prochaines élections. Les Maoïstes déclarent qu'ils seront relachés après mises au point sur certaines déclarations des deux hommes.

2 avril 2008 : l'âge minimum pour être candidat aux élections a été fixé à 25 ans ( 65 candidats de moins de 25 ans ont été rejetés des listes). Actuellement 6000 candidats ont été retenus.

2 avril 2008 : Senior Nepali Congress leader  Sher Bahadur Deuba déclare que l'armée pourrait se déployer pour faire cesser les attaques et les intimidations des Maoïstes envers leurs rivaux politiques.

2 avril 2008 : L'ancien Président des Etats-Unis J. Carter arrivera à Katmandu dans les prochains jours pour diriger une commission internationale d'observateurs pour les élections du 10 avril.

2 avril 2008 : Le chef de la police de Katmandu répond aux accusations de violence envers les manifestants tibétains. Il déclare que tous ont été relaché après quelques heures. Le gouvernement népalais ne souhaite pas qu'il y ai des manifestations anti-chinoises dans son pays. Il réaffirme la liberté totale des tibétains de vivre au Népal dans la paix et la sécurité.

4 avril 2008 : Le leader Maoïste Prachandra déclare que la presse népalaise n'est pas objective et qu'elle diffuse des opinions dirigée contre son parti. 3 la presse doit être la voix du peuple" dit-il.

4 avril 2008 : Senior leader of Nepali Congress Sher Bahadur Deuba reclame des actions immédiates de la Communauté Internationale pour régulariser la situation des régions où les Maoïstes usent de la force pour diriger les résultats des élections en leur faveur.

5 avril 2008 : Les élections du 10 avril : le gouvernement placera 7 à 25 personnes assurant la sécurité dans chacun des 20800 bureaux de vote. Un total de 135.000 personnes assureront ainsi la sécurité des votants. L'armée assurera la sécurité dans les places sensibles où il subsiste des groupes armés.

6 avril 2008 : plusieurs bombes ont explosé dans la capitale. Pas de blessé...

10 avril 2008 : les bureaux de vote ont ouvert leurs portes tôt ce matin. Des incidents ont été signalé dans de nombreuses régions du pays mais tous les leaders politiques ont exprimé leur souhait que la population se rende aux urnes malgré tout. Le Roi a exprimé ce même souhait à la radio.


 


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