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histoire nepal 3

Numéro deux des Maoïstes népalais (CPN-M), dont Prachanda est le chef, Baburam Bhattarai est l'intellectuel du Parti. Il a fait son doctorat à la prestigieuse université JNU de New Delhi. Il a pris une part active aux négociations qui ont abouti à la fin de la guérilla et à la signature d'un accord de paix le 21 novembre 2006. A quarante-huit heures de l'élection d'une assemblée constituante, jeudi, qui devrait sonner le glas de la monarchie au Népal, Baburam Bhattarai affirme que la révolution n'est pas terminée pour autant. Il s'en explique au Figaro.

LE FIGARO : Croyez-vous sincèrement que les maoïstes remporteront la majorité lors de ces élections ?

Baburam Bhattarai : Nous avons de bonnes raisons de penser que le scrutin sera juste et équitable, et si tel est le cas, nous remporterons la majorité. Les Népalais aspirent au changement et les maoïstes incarnent ce changement. En revanche, s'ils sont privés de cet espoir, notamment en raison de fraudes électorales, les gens pourraient bien descendre de nouveau dans la rue.

Supposons cependant que le parti du Congrès l'emporte haut la main. Certains de ses membres ne sont pas hostiles au maintien de la monarchie…

Les Népalais, dans leur grande majorité, veulent la République. Par ailleurs, nous avons conclu un accord avec le parti du Congrès sur ce point. Nous voulions l'abolition de la monarchie dès la fin de 2006 ; le Congrès préférait attendre. Nous lui avons fait cette concession à une condition : que dès sa première séance, l'assemblée constituante décrète solennellement l'abolition de la monarchie au Népal. C'est acquis, quels que soient les résultats.

La Révolution est-elle donc achevée pour les maoïstes ?

Pas du tout ! La révolution ne sera jamais terminée. Avec l'abolition de la monarchie, nous sortirons du féodalisme. C'est une première phase, cruciale. Mais tant qu'il y aura des injustices, des inégalités sociales, les maoïstes continueront de se battre. La révolution est un processus continu, qui ne se termine jamais. Au Népal, personne ne peut prévoir quelle forme prendront les nouvelles phases de la révolution.

En ce qui nous concerne, nous voulons un changement radical, et pas de simples « mesurettes ». Nous voulons construire un « nouveau Népal ». Je tiens aussi à souligner que les maoïstes népalais ne sont pas « rentrés dans le rang », qu'ils n'ont pas rejoint le ventre mou de la politique traditionnelle, comme les médias le laissent souvent entendre. Les sept partis avec lesquels nous avons fait alliance contre la monarchie dès 2005, ont mangé dans la main du roi plus souvent qu'à leur tour lorsque cela les arrangeait.

Quelles sont les phases à venir de la révolution ?

L'abolition de la monarchie en représentait le volet politique. Nous devons maintenant nous attaquer à la restructuration administrative du pays. Le Népal deviendra une République fédérale composée de 11 états régionaux qui bénéficieront d'une large autonomie. Nous voulons un régime présidentiel fort, avec un Premier ministre. Bref, une République à la française, le fédéralisme en plus, comme en Suisse.

Puis nous mettrons en œuvre l'agenda économique et social. Il est urgent d'éradiquer toutes les formes de discrimination : contre les femmes, les minorités… D'abolir le système des castes et de développer l'éducation.

Au plan économique qu'envisagez-vous pour sortir le Népal de sa misère ?

Nous sommes favorables à un « capitalisme de transition ». Nous savons parfaitement que pour créer des moyens de production, des industries, le capitalisme est nécessaire. Mais il faut que ce soit un capitalisme au bon sens du terme, qui n'ait rien à voir avec l'impérialisme et le féodalisme actuels. Par la suite, lorsque tout sera en place, nous pourrons passer au vrai socialisme.

Est-ce que cela signifie que vous misez sur des investissements privés ? Voire étrangers ?

Afin de créer ou de développer des industries, et de mettre, notamment, un terme à la pénurie d'électricité alors que le Népal possède d'excellentes ressources hydrauliques, nous ferons appel à des partenariats entre investisseurs privés et publics.

Pour ce qui est des investissements étrangers, nous n'y sommes pas hostiles, mais nous serons vigilants. Il ne s'agit pas de vendre le Népal aux étrangers.

Enfin, une réforme agraire est nécessaire. Il est temps que la terre appartienne à ceux qui la cultivent.

Combien de temps vous donnez-vous pour réaliser tout cela ?

Nous nous donnons deux ans pour forger une nouvelle Constitution qui prendra en compte tous les paramètres dont je viens de parler.

12 avril 2008 : KATMANDOU (Reuters) - A la surprise générale, les anciens rebelles maoïstes s'acheminent vers une victoire à l'issue des élections législatives de jeudi au Népal visant à désigner une Assemblée constituante chargée de rédiger une Constitution et d'abolir à terme une monarchie vieille de près de deux siècles et demi.

13 avril 2008 : Dimanche, ceux qui se battaient il y a à peine deux ans dans les maquis ont remporté 44 des 81 sièges officiellement attribués jusqu'ici.

Deux autres formations considérées jusque-là comme favorites - les communistes de l'UML et le Congrès népalais - sont crédités de seulement 15 et 14 sièges.

Les maoïstes obtiennent en outre de meilleurs résultats qu'escomptés dans les plaines du sud du royaume himalayen, où vit près de la moitié de la population et qui ne sont pas considérées comme un de leurs fiefs traditionnels.

Le résultat du scrutin constitue une énorme surprise pour de nombreux analystes, qui pensaient que les maoïstes arriveraient en troisième position.

"Nous exhortons chacun à ne pas mettre en doute notre attachement à la démocratie pluripartite", a affirmé le chef des anciens rebelles, Prachanda, après avoir proclamé élu samedi dans sa circonscription.

"RAZ-DE-MAREE"?

Les maoïstes népalais, jadis jugés proches des guérilleros du Sentier lumineux au Pérou, ont abandonné leur rhétorique marxiste et maoïste et promis d'accepter la mondialisation.Ils sont en revanche toujours considérés comme une "organisation terroriste" par le gouvernement américain.

Les résultats définitifs, qui ne devraient pas être connus d'ici dix jours, devraient selon les analystes conduire à un gouvernement de coalition.

Le scrutin de jeudi constituait la pierre angulaire de l'accord de paix conclu en 2006 avec la guérilla maoïste, et le Premier ministre Girija Prasad Koirala, qui voit dans l'élection de l'Assemblée constituante une "ère nouvelle" pour son pays, l'un des plus pauvres au monde.

L'assemblée compte 601 députés, dont 240 attribués au scrutin majoritaire à un tour ("first pas the post"), 335 à la proportionnelle et 26 sur désignation du gouvernement.

"Les maoïstes s'acheminent vers un raz-de-marée électoral", prédit dimanche le quotidien The Himalayan Times à la "une".

Version française Jean-Loup Fiévet yahoo France actualités


Résultats finaux vote C.A.

  

26 more seats have been nominated by the Cabinet to bring a total of 601 seats for the Constituent Assembly.

PARTIES

Nominations

TOTAL

Communist Party of Nepal (Maoist)

9

229

Nepali Congress

5

115

Communist Party of Nepal (UML)

5

108

MJF

2

54

Terai Madhesh Democratic Party

1

21

Communist Party of Nepal (ML)

1

9

Janamorcha Nepal

1

8

Nepal Majdoor Kishan Party

1

5

Nepal Sadbhavana Party (Anandi Devi)

1

3

TOTAL

26

 


La majorité à l’Assemblée Constituante (601 membres) devient l’enjeu pour la nomination :


19 juillet 2008 : l »équation politique est à nouveau bouleversée.  Contre toute attente, 3 partis s’unissent pour soutenir un candidat unique à la présidence de la république :

En contrepartie, UML recevra la direction de la C.A. et MJF le poste de vice-président.


Quelques petits partis se sont joints à cette alliance.

Samedi soir :

Les votes de la C.A. n’ont pas permis de nommer le Président :

Candidat NC : 283 voix

Candidats M : 270 voix


Par contre, le candidat MJF( Paramananda Jla) est nommé vice-président avec 305 voix.


21 juillet 2008 : nouveau votes.

Candidat NC : 308 voix

Candidats Maoïstes : 282 voix

Docteur Ram Baran Yadav devient le premier Président de la nouvelle République du Népal.

Né le 4 février 1948 à Sapahi (Terraï), il est le 4eme fils de sa famille.

Durant ses études de médecine, il fut un militant actif au sein du NC.  Il fut un défenseur acharné du multipartisme.

En 1982 , il perdit son épouse atteinte d’un cancer.


22 juillet 2008 : l’alliance des 3 partis est ressentie par le Maoïstes comme une trahison et comme un frein au processus de paix. N’ayant pas obtenu le poste convoité de Président de la république, les Maoïstes décident de ne pas participer à la formation du nouveau gouvernement.


24 juillet 2008 : démission du Premier Ministre en place : GP Koirala en vue des prochaine élection pour la désignation du nouveau PM.

Le leader des Maoïstes, Prachendra, réaffirme son intention de ne pas participer à la formation du gouvernement.

« Les élections présidentielles ont montré que l’alliance des 3 partis ont modifié le rôle de notre parti qui est le mieux représenté à l’Assemblée Constituante. Nous ne nous sentons plus moralement obligé de conduire le gouvernement tant que cette alliance existera. »


Trois conditions à notre retour pour former le gouvernement :

  1. L’alliance doit être dissoute
  2. Un programme commun minimum doit être établi. Ce programme doit respecter notre idéologie ;
  3. Tous les partis s’engagent à maintenir en place le gouvernement jusqu’à ce que la nouvelle constitution soit écrite.


24 juillet 2008 : Prachendra déclare fermement que son parti lancera un mouvement national de protestation si GP Koirala redevient Premier Ministre. Il n’écarte pas la possibilité du retour des Maoïstes dans la jungle.

29 juillet 2008 : CPN(M) et CPN(UML) s’associent pour barrer la route à Koirala comme PM.


30 juillet 2008 : CPN(M) décide enfin de prendre l’initiative pour former le nouveau gouvernement.

« NC doit participer »


14 août 2008 : la formation du gouvernement est un casse-tête issu des exighence de chacun pour la détention de portefeuilles ministériels. NC tente de rétablir l »allaiance NC+UML+MJF pour imposer ses souhaits. NC exige le portefeuille de la Défense que les Maoïstes s’attribuent.


15 août 2008 : nouveau rebondissement ! UML et MJF s’unissent avec les Maoïstes pour soutenir un candidat unique comme Premier Ministre : Prachendra est quasiment certain d’être élu.

NC choisit son propre candidat.


15 août 2008 : Pushpa Kamal Dahal (« Prachendra ») est élu PM avec 464 voix/577 votants.

Le candidat NC receuille 113 voix.


20 août 2008 : GP Koirala réitère sa volonté de jouer un rôle important dans l’opposition.


24 août 2008 : le ministre des Affaires Etrangères déclare que son pays maintiendra l'équilibre dans les relations avec la Chine et l'Inde.


24 août 2008 : les débordements de la rivière Koshi causent des dommages sans précédent dans la région est du Népal.

5500 hectares de terres cultivables ont été détruites.

60.000  personnes ont été déplacées, 1000 maisons détuites et 3.000 endommagées.

100 personnes admises à l'hopital.

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du 10 AVRIL 2008 à nos jours

Les élections du 10 avril 2008 : désigner une Assemblée constituante chargée de former le gouvernement, rédiger une nouvelle constitution et 'abolir à terme une monarchie vieille de près de deux siècles et demi.

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